01.04.2012

Obraniak, le Polonais qui s'ignorait

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Sauf catastrophe, il devrait être l'une des plus belles curiosités de l'Euro à venir. A bientôt 28 ans, Ludovic Obraniak a semble-t-il assez de qualités pour animer une compétition qu'il aurait pourtant pu ne jamais disputer. C'est en effet à une sorte de miracle que le milieu de terrain des Girondins de Bordeaux devra sa sélection pour l'événement-phare de l'année footballistique. Devenu, en quelques mois, un élément clé de l'équipe de Pologne, ce natif de Lorraine ne connaissait encore rien de ce pays il y a de cela moins de trois ans!

         Durant la première moitié de sa carrière, l'adroit technicien n'avait d'ailleurs jamais imaginé connaître un jour les joies d'un cape internationale avec la France. Alors loin de lui était encore davantage l'idée d'intégrer un jour la «Reprezentace»! Il n'avait même jamais songé porter les couleurs du pays d'origine de son grand-père, qui arriva en France sous le nom d'Ubraniak.

         Mais la réflexion a pris forme lorsque Thadée Fogiel, un ancien footballeur polonais devenu le conseiller du joueur, a fait le forcing pour que ce dernier obtienne son passeport polonais. «Je me suis toujours intéressé à mon arbre généalogique, expliquait récemment Obraniak dans les colonnes de France Football. Mon nom de famille a été transformé à la suite d'une erreur de transcription. Comme je n'ai pas connu mon grand-père de son vivant, je me suis dit qu'il serait bien de récupérer ses papiers

         Sans doute Ludovic Obraniak ne se doutait-il toutefois pas que ce sésame lui ouvrirait tant de portes. Une très bonne saison avec Lille allait en effet rapidement le propulser en sélection polonaise. Trois mois seulement après avoir obtenu son passeport et convoqué qu'il était pour affronter la Grèce en match amical, l'ancien meneur de jeu de Metz voyageait vers son pays d'origine pour la première fois de sa carrière. «Je débarquais avec une certaine excitation, mais également avec beaucoup d'appréhension, rappelle-t-il. J'ai ressenti une vraie pression, car je ne parlais pas la langue et il fallait évidemment que je sois bon sur ce match. Durant le stage, il m'a fallu un jour et demi pour que les autres daignent me parler.»

         Une fois sur la pelouse, «Ludo» ne se prit toutefois pas la tête. Il allait même être doublement performant, puisqu'il fit trembler les filets à deux reprises dès son premier match international! «Lorsque j'ai inscrit le second but, mes coéquipiers sont tous venus vers moi pour me fêter. J'ai alors compris que j'avais été adopté. Ce qui s'est passé ce 12 août 2009 a été si énorme que j'ai eu de la peine à redescendre de mon nuage...»

         Près de trois ans plus tard et malgré les critiques de certains élus polonais s'insurgeant que des joueurs «étrangers» puissent porter le maillot national - outre Obraniak, le Brésilien Guerrero et l'autre Français Perquis sont concernés -, le demi extérieur est prêt à tout donner pour faire briller son «nouveau» pays lors de l'Euro. Pour mettre toutes les chances de son côté, il a d'ailleurs quitté Lille afin de rallier Bordeaux et gagner ainsi du temps de jeu. «En Pologne, je ne veux surtout pas décevoir les gens», affirme-t-il. Et ça tombe bien, puisque le match d'ouverture du tournoi mettra aux prises le pays organisateur à.... la Grèce. Un clin d'œil du destin pour celui qui devrait s'appeler Ubraniak?

09.02.2012

Capello, une chance pour l'Angleterre?

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On ne met pas comme ça son nez dans les affaires de Fabio Capello. A presque 66 ans, le technicien italien a montré à tout un chacun qu'il ne se laisserait jamais marcher sur les pieds. Il l'avait déjà prouvé à Madrid par le passé, mais a récidivé hier soir. En voyant la Football Association désireuse de destituer John Terry de son brassard de capitaine, le sélectionneur de l'Angleterre a choisi de démissionner. Lui qui voulait poursuivre l'aventure avec le défenseur de Chelsea à la barre n'a pas aimé qu'on l'en empêche. Pas «béni-oui-oui» pour un kopeck, le Transalpin a donc claqué la porte. Mais le football anglais n'était pas du bon côté.

«Les dirigeants ont sapé m'ont autorité, m'ont insulté», a-t-il dit, fâché. Quand Capello voit rouge, c'est la «Three Lions» qui peut en faire les frais. Mais la décision ne prend peut-être pas autant d'ampleur que cela, car l'ancien coach à succès de l'AC Milan (notamment) ne faisait pas l'unanimité dans son vestiaire. Ses méthodes et ses problèmes de communication ne lui ont jamais véritablement permis de gagner la reconnaissance de ses joueurs. Si Rooney et Wilshere ont publié des messages sur Twitter pour lui témoigner de leur gratitude, le reste est demeuré muet. C'est dire les relations qu'entretenait le «Mister» avec ses protégés.

Aujourd'hui, l'Angleterre, qui n'a plus que trois mois et demi pour préparer l'Euro, se retrouve dans une situation qui, froidement analysée, apparaît difficile. Or, la fuite précipitée de Capello - qui devait de toute manière partir cet été - pourrait bien servir ses desseins. C'est en effet un technicien «local» qui devrait reprendre les rênes de la sélection. Le premier nom qui vient à l'esprit est celui d'Harry Redknapp. Mais l'actuel entraîneur de Tottenham connaît des ennuis judiciaires. Reste qu'il ferait figure de candidat légitime. Wayne Rooney l'a déjà assuré de son soutien. De poids.

Sinon, le nom de Roy Hodgson (eh oui...) peut également être avancé dans certaines discussions, mais son raté à Liverpool fait tache sur sa carte de visite. Hors des frontières anglaises, David Moyes, l'Ecossais d'Everton, dispose également d'une belle cote. D'autres personnages, plus «bankables» flirtent avec les dirigeants de la FA: on parle de Hiddink, Mourinho ou Wenger.

A l'heure actuelle, ce ne sont que des supputations. L'important, aujourd'hui, est de redorer le blason d'un football anglais, dont la sélection est surcotée. Pour rappel: cela fait 46 ans que cette équipe n'a plus rien remporté...

 

 

16.01.2012

Loïc Rémy, chasseur chassé

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La France pensait ne jamais se remettre du départ à la retraite de Thierry Henry, disparu de la circulation «bleue» entre un houleux retour de Knysna et une rencontre improbable avec Nicolas Sarkozy. En plus d'avoir perdu son «triple A» Nicolas Anelka, la sélection française voyait son attaque décimée à l'heure d'attaquer les éliminatoires de l'Euro 2012. Même Laurent Blanc s'interrogeait.

C'était sans compter sur le retour au premier plan de Karim Benzema et l'éclosion conjuguée d'Olivier Giroud et de Loïc Rémy. Hier soir, ce dernier a martyrisé la défense lilloise en «plantant» deux pions dans la cage de Landreau pour permettre à «son» OM de se rapprocher un peu plus du podium de la Ligue-1.

Du coup, toute l'Europe du foot se presse autour du brillant buteur formé à Lyon. Manager magicien de Tottenham, Harry Redknapp s'est même pointé au Vélodrome pour décortiquer les faits et gestes du Marseillais d'adoption. Il en est reparti convaincu. «Cela fait deux ans qu'on le suit avec attention, il me plaît bien», a dit l'oncle de Frank Lampard. Pas de quoi, pourtant, transformer l'homme aux deux prénoms en star du mercato hivernal.

Loïc Rémy a en effet exclu la possibilité de voguer vers un nouvel horizon dans les semaines qui viennent. «C'est bien que des clubs s'intéressent à moi, a-t-il confié, mais il est hors de question de partir maintenant. C'est tout vu, on en a discuté avec le staff. C'est un manque de respect par rapport aux supporters que de parler du mercato. J'ai encore tout à prouver ici.»

Lucide, la tête sur les épaules, celui qui a fait une partie de ses gammes à l'OGC Nice n'entend pas brûler les étapes. Surtout, il sait très bien d'où il revient. En 2010, à l'heure de rejoindre l'OM, un souci cardiaque aurait pu mettre un terme définitif à sa carrière. Avant que des spécialistes, heureusement, ne rassurent lui et son (futur) club.

Aujourd'hui, Rémy va bien, vit bien et joue très bien. C'est rassurant pour la France et c'est surtout une bonne nouvelle pour ceux qui songent à parier sur l'Euro 2012. Dans la case «meilleur buteur», le Martiniquais d'origine ne ferait pas tache.